Le blocus américain du détroit d’Ormuz est entré en vigueur lundi, mais les traqueurs de navires ont détecté quelque chose qui donne l’impression que l’ensemble de l’opération est mince comme du papier.

Image par eutrophisation et hypoxie, CC BY 2.0.

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Publié : 14 avril 2026 à 20h15

Le blocus militaire américain du détroit d’Ormuz est officiellement entré en vigueur lundi, mais les données de suivi des navires ont révélé que plusieurs navires ont continué à naviguer sur la voie navigable dans les heures qui ont suivi. Comme le rapporte le New York Timesle blocus vise à couper les revenus pétroliers de l’Iran suite à l’échec des pourparlers de paix entre les deux pays. La manière dont les forces navales américaines envisagent de faire respecter cette interdiction reste floue.

Le blocus s’applique à tout le trafic maritime entrant ou sortant des ports et des zones côtières iraniennes. Il est entré en vigueur lundi à 10 heures (heure de l’Est), et les deux parties observent actuellement une trêve de deux semaines qui expirera le 21 avril.

Les données de suivi des navires ont montré que plusieurs navires ont traversé le détroit lundi, avant et après la date limite. Certains étaient partis des ports iraniens, transportaient des produits iraniens ou étaient déjà sous le coup de sanctions du gouvernement américain, selon le cabinet d’analyse commerciale Kpler. On ne sait pas si ces navires ont bénéficié d’un délai de grâce, ont reçu l’autorisation de passer ou ont entièrement contourné le blocus.

Plusieurs navires sanctionnés ont quand même réussi à passer

Un exemple est le Christianna, un cargo battant pavillon libérien qui a quitté le golfe Persique par le détroit lundi soir. Kpler a noté que le navire venait de quitter la ville portuaire iranienne de Bandar Imam Khomeini et ne transportait aucune cargaison. L’Elpis, un transporteur de méthanol, a traversé le détroit à peu près au même moment où le blocus est entré en vigueur ; les données de suivi du navire ont montré qu’il se trouvait au port iranien de Bushehr. L’Elpis avait déjà été sanctionné par les États-Unis sous son ancien nom, Chamtang, en raison de ses liens avec le commerce pétrolier iranien.

Plus de 10 000 marins, marines et aviateurs américains ainsi que plus d’une douzaine de navires de guerre et des dizaines d’avions exécutent la mission de bloquer les navires entrant et sortant des ports iraniens. Durant les premières 24 heures, aucun navire n’a franchi le blocus américain et 6 navires marchands… pic.twitter.com/dpWAAknzQp

– Commandement central américain (@CENTCOM) 14 avril 2026

Des navires supplémentaires ont été signalés grâce aux données de suivi des navires de Bloomberg et Vesselfinder. Le Murlikishan, un pétrolier, est entré mardi dans le golfe Persique via le détroit après avoir quitté Fujairah, aux Émirats arabes unis, sans cargaison.

Elle avait déjà été sanctionnée pour avoir transporté du pétrole russe et iranien sous son ancien nom, MKA. Le Manali, un vraquier battant pavillon panaméen, a quitté le golfe Persique par le détroit mardi matin et ne semble pas être sous le coup de sanctions américaines ni avoir récemment accosté dans un port iranien.

Le blocus semble avoir dissuadé au moins une partie du trafic, mais pas de manière constante. Quelques heures avant la date limite, deux navires approchant du détroit ont rebroussé chemin.

L’un d’entre eux, le Guan Yuan Fu Xing, un vraquier lié à la Chine, a fait brusque demi-tour à proximité du détroit alors qu’il venant de la côte omanaise et est resté mardi dans le golfe d’Oman. L’épisode a attiré l’attention au milieu de questions plus larges sur la manière dont l’administration Trump gère les opérations diplomatiques et stratégiques sensibles dans la région.

L’autre navire, le Rich Starry, un pétrolier également lié à la Chine, a semblé faire demi-tour environ une heure avant la date limite du blocus. Il a ensuite inversé à nouveau sa trajectoire et a réussi à sortir du golfe quelques heures plus tard.

Le Rich Starry, anciennement connu sous le nom de Full Star, avait été mis sur liste noire par le département du Trésor américain en 2023 pour avoir prétendument aidé Téhéran à échapper aux sanctions, le même régime de sanctions auquel les négociations nucléaires entre les États-Unis et l’Iran étaient censées s’effondrer.


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